.
.
.
.
.
.
.
.
__________Je suis comme le roi d'un pays pluvieux,
__________Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très vieux,
__________Qui, de ses précepteurs méprisant les courbettes,
__________S'ennuie avec ses chiens comme avec d'autres bêtes.
__________Rien ne peut l'égayer, ni gibier, ni faucon,
__________Ni son peuple mourant en face du balcon.
__________Du bouffon favori la grotesque ballade
__________Ne distrait plus le front de ce cruel malade ;
__________Son lit fleurdelisé se transforme en tombeau,
__________Et les dames d'atour, pour qui tout prince est beau,
__________Ne savent plus trouver d'impudique toilette
__________Pour tirer un souris de ce jeune squelette.
__________Le savant qui lui fait de l'or n'a jamais pu
__________De son être extirper l'élément corrompu,
__________Et dans ces bains de sang qui des Romains nous viennent,
__________Et dont sur leurs vieux jours les puissants se souviennent,
__________Il n'a su réchauffer ce cadavre hébété
__________Où coule au lieu de sang l'eau verte du Léthé.
Sous le charme. De son squelette & de cette poésie ~ ...... ~ Baudelaire.
#
Online seit Dienstag, 27. März, 2007 um 14:45
Geändert am Montag, 02. April, 2007 um 08:46